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Lauréat 2017



Jean-Baptiste Del Amo
Lauréat 2017 du Prix Valery Larbaud

 Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, publié chez Gallimard a été couronné le 22 mars 2017 par le Prix littéraire Valery Larbaud.  


Jean-Baptiste Del Amo, pseudonyme de  Jean-Baptiste Garcia, est né le 25 novembre 1981 à Toulouse. Après un cursus littéraire, le jeune homme travaille comme animateur socio-culturel, avant de partir pour une mission humanitaire au sein d'une association de lutte contre le VIH en Afrique. 

Ce séjour va lui inspirer un texte  Ne rien faire  paru en 2006 (Buchet et Chastel) et  récompensé par le prix du Jeune écrivain francophone. Cette nouvelle qui se déroule en Afrique le jour de la mort d'un nourrisson, est une fiction autour du silence, du non-dit et de l’apparente inaction. 

En 2008, il publie chez Gallimard son premier roman Une éducation libertine évoquant l’homosexualité, la prostitution et le libertinage bourgeois dans le Paris de la fin du XVIIIe siècle. A mi-chemin entre le roman historique et le roman d’apprentissage, cet ouvrage reçoit notamment le prix Goncourt du premier roman, décerné à l’unanimité, ainsi que le prix François Mauriac. 

En 2010, Jean-Baptiste Del Amo part à Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis. La même année, paraît Le sel, huit-clos familial où pèsent les non-dits, les silences et les rancœurs. Un an plus tard, il préface le livre d'art Hervé Guibert, photographe (Gallimard). 

En 2012, il reçoit la bourse écrivain de la Fondation Lagardère. Pornographia son troisième roman est édité en 2013 et obtient le Prix Sade. On retrouve alors les thèmes récurrents de l’œuvre de Jean-Baptiste Del Amo : la quête identitaire, le corps, la mort et la sexualité au cours de cette plongée crue et hallucinée dans les sombres plaisirs du sexe. Deux ans plus tard, il est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyoto. 

En août 2016, Jean-Baptiste Del Amo fait paraître Règne animal. L’écrivain dépeint l’évolution, entre 1898 et 1981, d’une petite exploitation familiale dans le Gers en un élevage porcin intensif. Peu à peu, la porcherie devient un miroir tendue à la folie de cette famille dans laquelle la violence se transmet de génération en génération. 

Un roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère. Une descente aux enfers racontée dans un livre puissant. Cet ouvrage a été récompensé par le Prix des Librairies de Nancy-Le Point, le premier prix de l’Ile de Ré et le prix Les lauriers verts. 


Programme 2017

Sélection Jury 2017

Natacha Appanah. Tropique de la violence. Gallimard. 2016

Résumé :

Tropique de la violence  est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. A Gaza, bidonville proche de Mamoudzou, la plus grande ville du 101e département français, l’auteur nous invite à suivre le destin de cinq adolescents mahorais, abandonnés par leurs parents, et nous révèle l’ultra violence de leur quotidien. 

Un roman rude, écrit avec force et réalisme.
"Il faut me croire. De là où je vous parle, les mensonges et les faux-semblants ne servent à rien... De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu’il suffira d’un rien pour qu’il s’embrase."

Biographie :


Descendante d’ "engagés" indiens immigrés, Nathacha Appanah naît le 24 mai 1973 à Mahébourg sur l’île Maurice. A seulement 17 ans, elle remporte le premier prix d’un concours littéraire organisé par un journal local. Après des études littéraires, elle s'installe en 1998 en France et termine sa formation dans le domaine du journalisme et de l'édition. L’année suivante, elle travaille en free-lance pour la presse écrite et en radio (Géo Magazine, RFI...)

Son premier roman Les Rochers de Poudre d’Or est publié en 2003 chez Gallimard. Nathacha Appanah met en scène l’épopée des travailleurs indiens venus remplacer les esclaves dans les champs de canne à sucre de l’Ile Maurice.

Plus contemporain, son second roman paru en 2004 Blue Bay Palace, décrit la passion amoureuse et tragique d’une jeune indienne à l’égard d’un homme qui n’est pas de sa caste. 

En 2006, elle devient rédactrice pour l’Organisation Européenne des Maladies Rares (EURORDIS) et consacre le reste de son temps à écrire et à traduire.

Un an plus tard, elle fait paraître Le Dernier Frère (Ed. de l’Olivier) dans lequel on suit la rencontre, dans les années 40, de Raj, un garçon mauricien et de David, un jeune juif refoulé de Palestine et déporté, comme tant d’autres sur l'île Maurice, alors colonie britannique. Couronnée par plusieurs prix littéraires, Nathacha Appanah prouve de roman en roman qu’elle construit une œuvre tragique, réaliste et puissante.


En 2016, sort son dernier ouvrage Tropique de la violence (Gallimard), qui lui a été inspiré par un séjour de deux ans à Mayotte. Ce roman choral a reçu le prix Fémina des lycéens et le prix France-Télévisions. 

Librairie Mollat
La Grande Librairie
Le Monde Afrique
France Culture

Mark Greene. Comment construire une cathédrale. Plein jour. 2016

Résumé :

A l’instar de la Sagrada Familia de Gaudí à Barcelone, projet monstre du modernisme catalan, il existe la cathédrale Nuestra Señora del Pilar, elle aussi inachevée, à Mejorada, dans la région de la Mancha, chère à Cervantès. Elle est l’œuvre de Justo Gallego, qui suite à sa guérison de la tuberculose, s’est attelé à ce projet fou conçu comme un ex-voto. Quand un romancier rencontre un Don Quichotte des temps modernes.. 

"Nous y sommes. La cathédrale, altière et absurde, construite par un seul homme. L’œuvre d’une vie. Elle se dresse devant moi. Ce n’est pas un mirage. Elle se tient debout. Un chantier de plus de cinquante ans. Un chantier sans fin et dont on peut souhaiter, secrètement, qu’il n’ait pas de fin."

Franco-américain, Mark Greene, né en 1963 a vu le jour et grandi à Madrid. Qui est-il ? Voici comment il se définit : "J'ai envie de répondre : pas grand-chose... Un type, une silhouette, un passant... Une tête pleine de souvenirs... Une histoire qui avait bien commencé, en Espagne, dans les années soixante... Qui se prolonge de manière plus confuse, plus douloureuse, mais avec, tout de même, une forme de fidélité... ". 

On l’aura compris, Mark Greene est un personnage très discret. Il se fait connaître en 2004 par la publication de son premier roman Le lézard (Fayard) qui, construit comme un polar psychologique, ouvre une réflexion sur les questions de l'apparence, de l'esthétisme à tout prix et de la manipulation mentale. 

Avec Les maladroits paru en 2007 (Fayard), l’auteur évoque une amitié reposant sur le fragile équilibre dominant-dominé, jusqu’au jour où cet équilibre se rompt et l’amitié commence à se déliter.

En 2013, son troisième roman Le ciel antérieur (Seuil) conjugue l’ampleur des grands espaces et l’énigme de la création individuelle. Mark Greene nous livre ainsi l’histoire de trois aventuriers de l’écriture happés, entre ciel et terre, par le vertige de l’inconnu. 

Il fait paraître en 2016 45 tours (Payot & Rivages) qui plonge le lecteur dans l'existence tumultueuse de deux stars de la pop des années 80. Comme dans ses œuvres précédentes, Mark Greene dépeint les fêlures et les contradictions de ses antihéros, dans la droite lignée d'un Emmanuel Bove. 

Comment construire une cathédrale ? (Plein jour) édité la même année, est un court roman sur l'histoire de Justo Gallego qui, depuis plus de cinquante ans, construit, seul, une cathédrale dans la banlieue de Madrid.

La Croix
Viabooks
Viabooks
Faut pas rêver

Luc Lang. Au commencement du septième jour. Stock. 2016

Résumé :

A 4 h du matin, Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas.


"La déchirure s’agrandit, le plan de lumière vive gravit la pente, il approche, inondant l’ensemble du cirque, Thomas se sent seul dans un paysage qu’il pensait frappé d’obsolescence, c’est le souffle d’une déflagration qui le repousse vers ce qu’il pensait révolu, c’est l’absence de Camille qui le déporte en cet endroit où il ne devrait plus être."

Biographie :

Luc Lang est né en 1956 à Suresnes dans une famille ouvrière. Il enseigne l’esthétique à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. 

Il publie, en 1988, son premier roman Voyage sur la ligne d’horizon (Gallimard). Dès lors, Luc Lang va construire pierre après pierre un univers romanesque bien à lui, plongeant le lecteur dans le tremblement intérieurs de ses héros. 

En 1991, sort Liverpool marée haute où le héros, M. Finley, se voit désigner pour mener à son terme le projet d'une exposition qui doit inaugurer avec faste la nouvelle Tate Gallery dans les docks de Liverpool. 

Quatre ans plus tard, il est lauréat de la Villa Kujoyama . Il publie alors Furies, un suspense sentimental où le héros en mettant la main sur le journal de son amour d’enfance, se perdra dans une recherche entêtée de la vérité.

En 1998, il reçoit le prix Goncourt des lycéens pour Mille six cents ventre (Fayard), roman drôle et inclassable où le personnage principal détient le pouvoir sur les ventres des 1600 détenus de la prison de Strangeways à Manchester. 

D’autres romans publiés chez Stock suivent : 11 septembre mon amour (2003) ou Mother (2012) et enfin, L’autoroute (2014), roman brillant sur l'influence des gens aimés, le regret et la nostalgie, les rêves avortés qui laissent sur le bord de la route et finissent par rendre fou.

Luc Lang est également un théoricien de l'art, auteur de monographies d'artistes et de textes d'esthétique sur l'art contemporain, l'architecture et la littérature. 

Au commencement du septième jour, que l’auteur lui-même qualifie de  « roman géographique ».


Jean-Baptiste Del Amo. Règne animal. Gallimard. 2016

Résumé :


« Règne animal » retrace l’évolution, entre 1898 et 1981, d’une petite exploitation familiale dans le Gers en un élevage porcin intensif. Peu à peu, la porcherie devient un miroir tendu à la folie de cette famille dans laquelle la violence se transmet de génération en génération. Un roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère. Une descente aux enfers racontée dans un livre puissant.



"Ils ont modelé les porcs selon leur bon vouloir, ils ont usiné des bêtes débiles, à la croissance extraordinaire, aux carcasses monstrueuses, ne produisant presque plus de graisse mais du muscle. Ils ont fabriqué des êtres énormes et fragiles à la fois, et qui n'ont même pas de vie sinon les cent-quatre-vingt-deux jours passés à végéter dans la pénombre de la porcherie, un cœur et des poumons dans le seul but de battre et d'oxygéner leur sang afin de produire toujours plus de viande maigre propre à la consommation."

Biographie :


Jean-Baptiste Del Amo, de son vrai nom Jean-Baptiste Garcia, est né le 25 novembre 1981 à Toulouse. Après un cursus littéraire, le jeune homme travaille comme animateur socio-culturel, avant de partir pour une mission humanitaire au sein d'une association de lutte contre le VIH en Afrique .

Ce séjour va lui inspirer un texte   Ne rien faire  paru en 2006 (Buchet et Chastel).  Cette nouvelle qui se déroule en Afrique le jour de la mort d'un nourrisson, est une fiction autour du silence, du non-dit et de l’apparente inaction.


En 2008, il publie chez Gallimard son premier roman Une éducation libertine  mettant en scène l’homosexualité, la prostitution et le libertinage bourgeois dans le Paris de la fin du XVIIIème.

En 2010, Jean-Baptiste Del Amo part à Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis. La même année, paraît Le sel, huis-clos familial où pèsent les non-dits, les silences et les rancœurs. 

Pornographia, son troisième roman, est édité en 2013. On retrouve alors les thèmes récurrents de l’œuvre de Jean-Baptiste Del Amo : la quête identitaire, le corps, la mort et la sexualité au cours de cette plongée crue et hallucinée dans les sombres plaisirs du sexe. Deux ans plus tard, il est lauréat dela Villa Kujoyama à Kyoto. 

En août 2016, Jean-Baptiste Del Amo fait paraître l’année suivante Règne animal, qui retrace l’histoire d’une exploitation agricole familiale.

Sélection du Jury 2016



Hédi Kaddour. Les Prépondérants. Gallimard. 2015


Résumé :

En 1922, une équipe de tournage hollywoodienne va mettre le feu aux poudres dans la communauté d’une petite ville du Maghreb dont les tensions sont déjà exacerbées entre ceux qui veulent garder leurs privilèges (les Prépondérants) et les jeunes nationalistes aspirant à plus de liberté.





Biographie :

Né en 1945 à Tunis, Hédi Kaddour enseigne la littérature française à la New York University de Paris, après avoir exercé à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Rédacteur en chef adjoint de la revue Po&Sie, il écrit des chroniques littéraires au Monde des livres, à Libération et au Magazine littéraire. Il est également traducteur et responsable de l’atelier d’écriture de Sciences Po à Paris. Après avoir publié de la poésie, Hédi Kaddour s’essaie à la fiction avec le très remarqué Waltenberg (Gallimard, 2005). Récompensé par le prix du Premier roman, cet ouvrage reçoit également l’année suivante le prix Goncourt du premier roman. En 2010, l’auteur mêle fiction et réalité dans Savoir–vivre, un chassé-croisé amoureux dans l’entre-deux-guerres en Angleterre et sort la même année son journal Les Pierres qui montent : Notes et croquis de l’année 2008 nous dévoilant, au jour le jour, ses notes de promeneur solitaire, mais aussi de lecteur. En 2015, Hédi Kaddour publie Les Prépondérants, distingué par le Prix Jean-Freustié ainsi que par le Grand Prix du roman de l’Académie française.

Jeune Afrique
France Info
Librairie Mollat
Géopolis



Maryline Desbiolles. Le beau temps. Seuil. 2015

Résumé :

Dans ce roman biographique, Maryline Desbiolles retrace la vie de Maurice Jaubert, né à Nice en 1900 et mort en juin 1940 sur le champ de bataille. Compositeur surtout connu pour ses musiques de films, il débute en 1926 avec Nana de Jean Renoir. Rapidement les plus grands réalisateurs font appel à ses talents notamment René Clair, Jean Vigo, Marcel Carné ou Julien Duvivier. A travers le parcours de cet artiste passionnant qu’elle considère « presque comme l’inventeur de la musique de cinéma », Maryline Desbiolles nous plonge dans l’effervescence artistique de l’entre-deux-guerres non seulement parisien mais également niçois.




Biographie :

Maryline Desbiolles est née à Ugine en Savoie en 1959. Après ses études à Nice, elle fonde en 1980 la revue littéraire Offset, puis en 1990 La Métis, revue niçoise consacrée à la littérature et aux arts plastiques. Elle débute une carrière de romancière dans les années 80 avec Une femme de rien (Mazarine). Discrète, il lui faut attendre 1998 pour être remarquée par les éditions du Seuil qui éditent La Seiche, roman baroque centré sur la préparation … d'une recette de seiches farcies !
Le Prix Fémina consacre l’année suivante Anchise évoquant le deuil de la femme aimée. Suivent une douzaine de livres parmi lesquelles Le goinfre (2004) ou Primo (2005) qui la ramène vers ses origines italiennes. Éclectique, elle s’intéresse à Zouc, célèbre humoriste dans Une femme drôle (2010), et publie également des ouvrages jeunesse dont Lampedusa à l’Ecole des Loisirs (2012). Son dernier roman Le beau temps est paru en 2015 aux éditions du Seuil.


Culture Box
Seuil
Un jour, Un livre
France-Inter


Nathalie Démoulin. Bâtisseurs de l'oubli. Actes Sud. 2015

Résumé :

Près de Sète, sur les vestiges des colonisateurs de la Rome antique, Marc Barca a édifié dans les années 60 un empire de béton gagné sur des terres menacées par les eaux montantes de la Méditerranée. Le jour de la Saint-Sylvestre 2012, il médite sur son enfance de pied-noir mal accueilli en France, sur ses ambitions d’empereur de chantiers à la « La Grande-Motte », émerveillé de laisser à son tour son empreinte sur un territoire légendaire. Le même soir, Rachel, fille de son ex-compagne, se rend avec son modeste groupe de rock à un concert privé, consciente qu'elle ne réalisera jamais son rêve de carrière artistique.





Biographie :

Née à Besançon en 1968, Nathalie Démoulin est éditrice aux éditions du Rouergue. Elle y publie ses trois premiers romans : Après la forêt (2005), Ton nom argentin (2007) et La Grande Bleue (2012, Grand prix de la ville de Saint-Etienne). Dans ses ouvrages elle sonde la famille, la fragilité psychologique et les errances de l’être humain. Sa dernière fiction Les Bâtisseurs de l’oubli est sortie en 2015 aux éditions Actes Sud.


Librairie Mollat
Télérama
Actes Sud

Pierre Senges. Achab (séquelles). Verticales. 2015

Résumé :

Achab (séquelles ) est une sorte de suite imaginaire aux aventures de Moby Dick. Achab, le tyrannique capitaine du Pequod, est rescapé de son dernier combat contre un poisson immense. Dès lors, ce retraité à la jambe de bois va tenter de vendre au plus offrant son histoire de baleine sous forme de comédie musicale à Broadway, puis de scénario à Hollywood. En chemin, on croisera Cole Porter, mais aussi Cary Grant, Orson Welles ainsi qu’une kyrielle de producteurs, louches à divers degrés.




Biographie :

Pierre Senges est né à Romans-sur-Isère en 1968. Inscrit en sociologie à Grenoble, il reconnaît avoir plus fréquenté les bibliothèques que l’université qui le déçoit. Autodidacte il s’oriente d’abord vers la musique et devient guitariste de jazz dans un quintet jouant dans des clubs. A partir des années 90, il décide de se consacrer à l’écriture. «J'ai abandonné la musique quand je me suis aperçu que l'écriture me bouleversait davantage. Passer de l'une à l'autre, c'est quitter un poids lourd qu'on n'arrive pas à conduire pour enfourcher un petit vélo avec lequel on passe partout.» En 2000, il publie un premier roman brillant et quelque peu insolite Veuves au maquillage (Verticales) pour lequel il reçoit le prix Rhône-Alpes. Il imagine un héros accablé par la solitude, à la recherche d’une veuve homicide susceptible de récidive Suivent huit autres livres dont La réfutation majeure (2004), ou Fragments de Lichtenberg (2008) où Pierre Senges alterne entre érudition et invention. Il publie également en 2009, avec le concours du dessinateur Nicolas de Crécy un livre illustré Carnets de Gordon (Futuropolis), puis en 2011 Environs et mesures (Le Promeneur). Son dernier roman  Achab (séquelles) publié en 2015 aux éditions Verticales a décroché le prix Wepler-Fondation La Poste.

Marianne
Les bonnes feuilles
Un jour, un livre

Lauréat 2016



Hédi Kaddour
Lauréat 2016 du Prix Valery Larbaud


  Les Prépondérants d'Hédi Kaddour publié chez Gallimard a été couronné le 23 mars 2016 par le Prix littéraire Valery Larbaud.

  Né en 1945 à Tunis, Hédi Kaddour enseigne la littérature française à la New York University de Paris, après avoir exercé à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Rédacteur en chef adjoint de la revue Po&Sie, il écrit des chroniques littéraires au Monde des livres, à Libération et au Magazine littéraire. Il est également traducteur et responsable de l’atelier d’écriture de Sciences Po à Paris..

  Après avoir publié de la poésie, Hédi Kaddour s’essaie à la fiction avec le très remarqué Waltenberg (Gallimard, 2005). Récompensé par le prix du Premier roman, cet ouvrage reçoit également l’année suivante le prix Goncourt du premier roman. En 2010, l’auteur présente Savoir–vivre et sort la même année son journal Les Pierres qui montent : Notes et croquis de l’année 2008 nous dévoilant au jour le jour, ses notes de promeneur solitaire, mais aussi de lecteur.

  En 2015 Hédi Kaddour publie Les Prépondérants. En 1922, une équipe de tournage hollywoodienne va mettre le feu aux poudres dans la communauté d’une petite ville du Maghreb dont les tensions sont déjà exacerbées entre ceux qui veulent garder leurs privilèges (les Prépondérants) et les jeunes nationalistes aspirant à plus de liberté.

  L’ouvrage Les Prépondérants a été distingué par le Prix Jean-Freustié ainsi que par le Grand Prix du roman de l’Académie française.

Lauréate 2015



Luba Jurgenson
Lauréate 2015 du Prix Valery Larbaud

      « Au lieu du péril » de Luba Jurgenson publié chez Verdier a été couronné le 15 avril 2015 par le Prix littéraire Valery Larbaud.

      Luba Jurgenson, née à Moscou en 1958, est une femme de lettres francophone, d’origine estonienne et de culture russe. En 1975, elle quitte l’URSS et vient s’installer avec sa famille à Paris. Maître de conférences, elle enseigne à l’Université Paris IV-Sorbonne et codirige la collection de littérature russe Poustiaki aux éditions Verdier. Traductrice notamment d’Ivan Gontcharov, de Nina Berberova ou dernièrement de Leonid Guirchovitch pour « Meurtre sur la plage » (Verdier, 2015), elle est le maître d’œuvre de l’édition complète des « Récits de la Kolyma » de Varlam Chalamov (Verdier, 2003). Luba Jurgenson écrit également des nouvelles, des romans et des essais en français. Parmi les derniers titres à son actif : « Création et tyrannie » (Sulliver, 2009) et « Trois contes allemands » (Pierre-Guillaumin de Roux, 2012).

      Dans « Au lieu du péril », Luba Jurgenson se penche sur la coexistence des deux langues en elle : comment vit-on, pense-t-on et écrit-on dans une langue qui n’est pas sa langue natale ?

      Le bilinguisme attend son chroniqueur, un chroniqueur terre à terre, qui suivra pas à pas les indices corporels du décentrement. C’est la tâche que l’auteur se donne ici : traquer les signes physiques, le tracé palpable de cet hébergement réciproque.

      Il s’agit donc d’un reportage. Mais la matière qu’elle cherche à décrire est également celle dont elle se sert pour la décrire. C’est comme raconter un incendie avec du feu. Le musicien vous parlera de son instrument, le tailleur, l’ébéniste, le cordonnier, le jardinier, le marin – tous auront des choses à raconter en rapport avec leurs outils et la matière qu’ils travaillent. Pour l’écrivain, l’outil et la matière sont une seule et même chose. La matière de la langue est travaillée avec l’outil de la langue.

     L'écrivain façonne lui-même son instrument, chevillé à son corps. En parler, c'est mettre en scène son corps qui écrit. Le bilingue écrivant utilise des outils à double tranchant. Le but de ce livre, c'est de les voir à l’œuvre.

     On croit "se servir" de la langue comme on croit que le soleil tourne autour de la terre. En réalité, elle se sert de nous pour vivre et évoluer. Nous sommes son instrument et elle nous façonne en se laissant façonner par nous. Nous sommes sa matière qu'elle travaille tout en se laissant travailler.

     Dans une vie vouée à questionner le langage, il arrive un moment où il devient urgent de faire place à ce qui constitue le corps du langage : la langue.

     Ce livre n'est pas un retour sur soi, mais une coupe transversale qui se dit la plupart du temps en récits, en anecdotes - en situations. Il s'ouvre sur le témoignage d'une expérience singulière, en montagne, qui s'achève sur un constat : "Au lieu du péril, croît aussi ce qui sauve."

Sélection du Jury 2015

Marc Alyn. Venise, démons et merveilles. Ecriture. 2014

Résumé :

Capitale de l’imaginaire, théâtre d’ombres de l’inconscient occidental, Venise tend à devenir l’ultime réserve de fantômes de l’Europe du XXIe siècle. C’est la plus fabuleuse des machines à rêver. Loin des gondoliers langoureux et des lunes de miel, la Sérénissime dissimule son vrai visage, nocturne et rayonnant. L’eau du Grand Canal éprouve la nostalgie des voiliers remontant son cours, chargés d’épices et d’hérésies. Les chats du palais Bovolo nous précèdent dans cette chasse aux trésors en compagnie de Galilée, Giordano Bruno et tant d’alchimistes guettés par l’Inquisition. Nous croisons la fée Mélusine sous les traits de la reine de Chypre Caterina Cornaro, et Sara Copia Sullam, la poétesse du Ghetto. Le voyage se poursuit hors de la lagune : de Padoue au lac de Garde, de Ravenne à Ferrare et Trieste, à travers une Vénétie éblouissante où Rilke dialogue avec Giorgione.

Biographie :
Marc Alyn, de son vrai nom Alain-Marc Fecherolle est né en 1937 à Reims. A 17 ans, il crée la revue poétique « Terre de feu ». Deux ans plus tard, il reçoit le Prix Max Jacob pour « Le temps des autres » (Seghers, 1956). Après la guerre d’Algérie, il collabore au Figaro littéraire et fonde la collection « Poésie » chez Flammarion. Il a été régulièrement primé pour son œuvre : Prix Apollinaire (1973) pour « Infini au-delà » (Flammarion, 1972), Grand Prix de Poésie de l’Académie française et Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son œuvre (1994), ainsi que le Goncourt/Poésie en 2007. Ses poèmes ont été réunis dans « La combustion de l’ange » (Castor astral, 2011). Connaissant tous les recoins du vieux Paris, Marc Alyn lui a consacré un livre-culte : « Paris point du jour » (Bartillat, 2006). Son œuvre en prose chante également sa fascination pour Venise comme en témoignent « Le piéton de Venise », (Bartillat, 2005) ainsi que son dernier ouvrage.

Lucien d'Azay. Keats, keepsake. Belles Lettres. 2014

Résumé :
Le keepsake est un genre littéraire propre à la période romantique, apparu l'année même de la mort du poète anglais John Keats, en 1821. L’un des charmes du keepsake tenait à sa composition : les caprices des sens et du goût présidaient à l’agencement de ses éléments, si bien qu’on pouvait l’ouvrir au hasard et le parcourir librement comme une encyclopédie. Lucien d’Azay, au travers de lettres, de poèmes, d’éléments biographiques ou de portraits imaginaires, de cartes, de manuscrits, etc. nous fait découvrir de manière très fine et originale, l’univers et l’œuvre du grand poète romantique anglais. Il nous invite à une lecture éparse et même à découper le livre pour créer son propre keepsake.


Biographie :
Né en 1966, Lucien d’Azay est un romancier, essayiste et traducteur (de l'anglais et de l'italien au français). Il vit entre Paris, Londres et Venise où il a enseigné le français de 1994 à 2010. Auteur d’une douzaine de livres, il a publié, notamment aux éditions les Belles Lettres trois biographies romanesques « Ovide ou l’amour puni » (2001), « Tibulle à Corfou » (2003) et « Le faussaire et son double » : vie de Thomas Chatterton (2009), ainsi qu’un essai, « Trois excentriques anglais » (2011), Prix de la Revue des Deux Mondes (2012). Ses livres les plus récents sont un récit de voyage « Sur les chemins de Palmyre » (La Table Ronde, 2012) et un « Dictionnaire insolite de Florence » (Cosmopole, 2015).

Philippe Bordas. Chant furieux. Gallimard. 2014

Résumé :
Photographe, Mémos est contacté par un éditeur pour suivre Zinedine Zidane jour et nuit, pendant trois mois, afin de réaliser un livre sur le champion en pleine gloire. Une connivence immédiate s'établit entre les deux hommes. Issus des quartiers difficiles, ils parlent la même langue. Par-delà le tourbillon de la vie de Zidane, prince des stades et idole médiatique, le roman raconte surtout la quête de Mémos, venu du parler rudimentaire et rageur des cités, parti à la conquête de la haute langue de Chrétien de Troyes, Rabelais, Saint-Simon et Céline. Tissé à l'intention d'un ami aveugle admirateur de Zinedine, qui n'a jamais vu son visage ni ses dribbles virtuoses, le récit de Mémos prend une dimension épique et flamboyante, pour devenir une chanson de geste moderne. 
Faisant revivre la bande de gamins dépenaillés débarquant jadis à la gare du Nord comme des barbares, il ne se contente pas de rendre hommage à ces êtres que personne ne défend, il leur offre une existence de pleine lumière et invente pour eux un français riche et vivant, réconciliant la langue d'en bas et celle d'en haut, autour de la figure mythologique et solaire de Zinedine Zidane.

Biographie :
Philippe Bordas, né en 1961 vit à Paris. Ayant parcouru de nombreuses années l’Afrique, ce photographe lui consacre plusieurs albums, s’intéressant notamment à l’univers des boxeurs et des lutteurs dans : « Au combat : les boxeurs du Kenya, les lutteurs du Sénégal » (Filigranes, 1997) et « L’Afrique à poings nus », (Seuil, 2004), Prix Nadar. Ancien chroniqueur de la rubrique cyclisme dans le quotidien « L’Equipe », il publie « Forcenés » (Fayard, 2008), recueil de textes sur les grands coureurs du 20e siècle, accueilli avec enthousiasme par la critique. En 2011, il est l'auteur d'une exposition intitulée « Les chasseurs du Mali », qu'il présente à la Biennale de la Photographie de Bamako puis à l'Institut français du Gabon en février 2012. En août 2014, les éditions Gallimard publient son premier roman « Chant furieux ».